Réorientation professionnelle: un défi

Reconversion dans l’informatique, une table rase ?

Réussir sa reconversion dans l’informatique signifie-t-il faire table rase de son passé professionnel et académique ?

C’est ce que je pensais de manière spontanée lorsque je me suis jeté dans la gueule du loup. J’étais en effet enseignant-chercheur en sciences sociales et j’avais tendance à penser que l’informatique relevait exclusivement des sciences “dures” et était réservée aux “geeks”. 

Lorsque j’ai entamé mes recherches, plusieurs directeurs pédagogiques m’ont d’abord encouragé à suivre  des parcours personnalisés, permettant de capitaliser sur mes expériences passées. Il s’agissait dans la plupart des cas des formations de type marketing ou MBA, souvent avec une composante digitale et des cours à la carte.

Au premier regard, l’idée me paraissait tentante. Pourquoi opérer une réorientation professionnelle radicale, alors que je pouvais me tourner vers des carrières qui semblaient plus proches de ce que je faisais avant? Pourquoi suivre un Master classique sur deux ans alors que je pouvais avoir un parcours personnalisé de quelques mois seulement?

Après avoir hésité, j’ai malgré tout choisi l’informatique “pure et dure”.

J’ai fait ce choix car j’avais peur qu’un simple cursus de quelques mois ne puisse pas déboucher sur une véritable reconversion professionnelle. Tant qu’à changer de métier, autant ne pas le faire à moitié, alors je me suis dit : je change radicalement et je fais table rase de tout ce que j’ai fait et appris auparavant.

Table rase dans une reconversion informatique: une illusion

Deux ans plus tard, j’ai compris que ce n’était pas vraiment le cas. Avant de continuer, laissez-moi vous dire ce que j’ai finalement choisi de faire : j’ai intégré un Master en alternance pour devenir chef de projet MOA/MOE en informatique, c’est-à-dire précisément une formation “pure et dure” dont je ne me croyais pas capable au premier abord. Au moment où j’écris cet article, il ne me reste que quelques mois avant de terminer mes études et mon alternance informatique. 

La toute première surprise est venue de mon entretien d’embauche dans l’entreprise où j’ai effectué mon alternance en tant que chef de projet. En regardant le CV, mon futur manager m’a dit: “Vous n’avez jamais fait d’études d’informatique, mais ce n’est pas du tout grave. En revanche, je vois que vous étiez enseignant. C’est très important pour moi, car pour réaliser mon projet il faudra beaucoup de pédagogie”. Je me suis rapidement rendu compte qu’il avait raison: toutes les missions qu’on me confiait demandaient de comprendre des processus, technologies et méthodes complexes pour ensuite les expliquer aux collaborateurs. Mon expérience d’enseignant-chercheur et notamment de vulgarisateur m’a donc beaucoup servi. 

Réussite à l'école dans le cadre d'une alternance informatique

S’agissant de l’école d’informatique, je redoutais surtout les matières techniques où il fallait coder ou avoir des notions de mathématiques. J’ai parfois “ramé” au début, mais je me suis rendu compte qu’au final je m’en sortais bien et que je finissais par comprendre. Rétrospectivement, je pense que ce sont les études poussées des langues étrangères qui m’ont aidé dans ce domaine. Après tout, comprendre et maîtriser un langage de programmation n’est pas très différent de l’apprentissage d’une langue classique.  

Enfin, et c’est probablement ma plus grande découverte, le métier de chef de projet en informatique est profondément humain. En tout cas, il est très loin de l’informatique “pure et dure” que j’imaginais au début. Mon expérience et formations passées dans les sciences humaines m’apporte beaucoup et est appréciée pour mener à bien les projets dont j’ai la charge. Je reviendrai sur ce point dans un prochain article. Pour l’instant je me contenterai juste de dire que pour réussir sur des postes similaires aux miens il faut, en plus des compétences techniques en informatique, disposer de compétences humaines et managériales permettant de comprendre comment fonctionnent les équipes (y compris leurs sociologie et psychologie), quelles sont les méthodes de travail en place et comment il est possible d’adapter et d’améliorer l’organisation générale de l’entreprise.

Ma reconversion dans l'informatique : Conclusion

J’ai tiré plusieurs leçons de cette incroyable épopée que fut ma reconversion dans l’informatique.

Leçon 1

Il n’y a pas de connaissances ou de compétences inutiles. Même si l’on croit que ce qu’on maîtrise est complètement inutile, cela pourra un jour servir d’une manière inattendue dans d’autres contextes. Des situations qu’on a d’ailleurs souvent du mal à imaginer avant d’y être confronté. À ce sujet, je vous invite d’ailleurs à suivre notre chaîne youtube consacrée à la reconversion professionnelle. 

Leçon 2

Aussi éloigné que vous parait votre background, vous pouvez réussir dans l’informatique. Ce n’est pas parce qu’un domaine vous paraît complexe et loin de tout ce que vous avez fait auparavant que vous ne réussirez pas et que vous ne vous y épanouirez pas.

Leçon 3

Ne sous-estimez pas l’importance du savoir-être par rapport aux connaissances purement techniques. Par savoir-être j’entends les compétences transversales telles que l’adaptabilité, la facilité de communication avec les autres, le management et tant d’autres!

Il s’agit bien sûr de mon ressenti subjectif. N’hésitez donc pas à commenter cet article ou à rejoindre notre groupe Slack pour plus de discussions autour de vos projets professionnels.

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